En matières de discernement, de recrutement ou encore de gestion du fonctionnement des individus et des groupes, l’Église peut-elle se permettre d’ignorer certains aspects des sciences humaines dont la psychologie en particulier ?
Nonobstant la dimension spirituelle qui est prioritaire, une professionnalisation de l’institution ecclésiale en ces matières, et donc l’intervention effective de personnes compétentes, aidera à améliorer son organisation et le développement du potentiel de chacun de ses membres.
À défaut, il y a évidemment un réel risque d’amateurisme pouvant conduire à certaines iniquités ou dérives.
Afin de demeurer fidèle à sa mission sous le regard du Christ, le recours par l’Église à des professionnels dans ces secteurs doit bien évidemment être intégré dans la recherche de la seule volonté de Dieu.
Ce genre d’organisation du management humain dans l’institution ecclésiale permettrait en outre de réduire la possibilité d’intrusion de personnalités toxiques pouvant se révéler particulièrement nuisibles.
Par exemple un profil psychologique très dangereux pour nombre de personnes, au niveau de leur foi comme de leur vie, et pour la crédibilité même de l’Église est celui de la perversion narcissique.
Ayant notamment eu affaire à ce genre d’individu au sein de la sphère ecclésiale, j’aborde ce sujet dans mon livre « La chapelle intérieure pour revivre avec le Ciel ».
En voici un extrait.
« De nombreux articles de psychologie et de vidéos spécialisées ont été publiés sur ce sujet et peuvent notamment être trouvés sur internet.
Je crois vraiment que les autorités ecclésiastiques doivent s’informer sur ce type de profil psychologique car il peut être fortement destructeur pour les victimes et très nuisible pour l’institution ecclésiale.
J’ai résumé ci-dessous quelques aspects de base en lien avec ce que j’ai moi-même subi ou constaté.
Le pervers narcissique peut être un homme ou une femme. Il est très égocentrique et soucieux du regard des autres sur lui. Il recourt notamment à la séduction, le pouvoir et la manipulation. Il ment comme il respire. Il pratique aisément l’inversion accusatoire et est capable de n’avoir aucune empathie pour sa victime.
Il a souvent une faible estime de lui-même mais cherche à montrer le contraire. Il a en fait tendance à être dans la jalousie envieuse.
Manquant nettement d’intériorité, il est dans le déni quant à son mode de fonctionnement. C’est pourquoi, il ne faut pas attendre qu’il se remette en question.
Le pervers narcissique n’a pas de réelle amitié mais, au besoin, la simulera afin d’exploiter les autres pour servir ses intérêts, et ce même simplement sur le plan matériel.
Il pourra être très bienveillant ou agréable envers les personnes de l’entourage de sa victime afin de les manipuler. Son but sera en effet d’isoler la victime, de la discréditer, de la provoquer, ou encore de la pousser à bout.
À cette fin il cherchera à induire la confusion dans la pensée des personnes qu’il veut manipuler contre sa victime.
Le pervers narcissique est capable d’exercer des pressions très fortes sur un tiers afin que celui-ci finisse par accepter de faire quelque chose contre la victime ; comme signer un papier par exemple.
En outre le pervers narcissique cherchera aussi à se constituer un groupe de protecteurs, en les manipulant, en leur mentant, ou encore par tout moyen de pression qu’il pourrait utiliser.
Protéger un pervers narcissique c’est donc l’encourager à continuer dans son mode de fonctionnement.
D’un point de vue spirituel, on pourrait en déduire que cette protection le maintient dans un chemin qui met grandement en danger le salut de son âme.
En outre, le protecteur obstiné du pervers narcissique ne nuirait-il pas également à son âme ?
Certains pervers narcissiques peuvent être très attirés par une position dans l’institution ecclésiale ; avec les risques que cela suppose tels que semer la discorde, monter les gens les uns contre les autres ou encore détruire.
Cela ne correspond-il pas à ce que fait Satan ?
Une grande vigilance au sein de l’institution ecclésiale est donc indispensable pour éviter de tels profils psychologiques. En effet ceux-ci peuvent faire beaucoup de mal à des individus et sans le moindre scrupule mais aussi à des collectivités ; comme des paroisses par exemple.
En outre, les dégâts qu’ils peuvent faire finiront par nuire grandement à la crédibilité de la sphère ecclésiale et par porter atteinte à l’annonce de Jésus-Christ. »
(Livre : « La chapelle intérieure pour revivre avec le Ciel », pages 56 à 58).
Pour plus d’informations sur ce livre ; cliquez sur ce lien.
On voit ainsi l’utilité de la dimension psychologique afin de démasquer ce genre de modes de fonctionnement.
Ceci peut en outre nous rendre plus vigilant dans le combat spirituel afin d’agir en connaissance de cause. En effet, on peut légitimement penser qu’une personnalité perverse narcissique est elle-même sous une forme d’emprise de l’ennemi invisible, le père du mensonge, dont elle devient ainsi une sorte de serviteur.
Le Christ est venu pour nous libérer de tout esprit destructeur et nous donner la vie en abondance.
Ne devrions-nous pas être d’autant plus attentif à sa parole ?
« Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation … » (Matthieu 26, 41)
Gardons aussi en mémoire cette mise en garde de Saint Paul: « Je sais, moi, qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, et que du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d’entraîner les disciples à leur suite. C’est pourquoi soyez vigilants, … » (Actes 20, 29-31)
N’est-ce pas Jésus, le Christ, qui doit être suivi ?
Marc Schonnartz (6 mai 2026)
