Comment Notre Dame peut transformer vos jeunes

Comme expliqué dans la page « Mon cheminement spirituel », j’ai derrière moi une expérience professionnelle d’accompagnement humain et spirituel de mineurs en danger ou délinquants.

Dans ce cadre j’ai pu constater à quel point ceux qui osent s’ouvrir, dans la durée, à l’accueil de Marie et à la miséricorde du Christ peuvent vivre des transformations intérieures parfois au-delà de toute espérance et commencer une vie nouvelle.

Un exemple vécu

À titre d’exemple, je citerai le cas d’un jeune que j’ai accompagné durant neuf mois.
Il était âgé de 17 ans et placé dans une institution spécialisée, en section fermée. Bien qu’il avait déjà connu de nombreux placements au cours des années précédentes, pour ma part c’était la première fois que j’eus à le prendre en charge.
Au début, il n’était pas croyant mais était simplement issu d’une famille catholique.
Son passé en termes de faits délictueux était très lourd, à tel point qu’il risquait jusqu’à vingt ans de prison. En effet, vu la situation, le juge de la jeunesse était en droit de se dessaisir et de l’envoyer devant un tribunal pour adulte.
Au début de son placement, ses cotes de comportement en section étaient toujours négatives.
Nous avons commencé à parler de sa vie sur le plan strictement humain.
Petit à petit nous avons cependant pu aborder les questions relatives au sens de la vie et introduire Jésus et Marie dans nos entretiens.
Parallèlement, le risque de condamnation pénale se faisait de plus en plus lourd.
Il s’ouvrit alors à Notre Mère du Ciel et commença à vivre en conscience de sa présence et de son amour. Il découvrit aussi toute la miséricorde du Christ qui donna sa vie sur la croix par amour pour lui aussi.
Un peu comme le bon larron, il accepta sa croix et les conséquences de ses actes ainsi que les angoisses qu’il endurait vu ce qui l’attendait.
Il apprit à unir ses souffrances à celles de Jésus crucifié et à vivre tout cela avec Marie au pied de sa croix.


Voici une parole du Père Pio très explicite à ce sujet :
« Les souffrances physiques et morales, voilà la plus belle offrande, et la plus digne aussi, que tu puisses faire à Celui qui nous a sauvés en souffrant (Recueil III, p. 482) ».  (« Bonne journée à tous – Une pensée de Padre Pio pour chaque jour de l’année », San Giovanni Rotondo (FG) Italie, Edizioni « Padre Pio da Pietrelcina » Convento S. Maria delle Grazie , 2000, page 57).

Au fil des mois, ce parcours de transformation commença à produire des fruits. Les éducateurs ne savaient pas ce qu’il vivait intérieurement mais ils constatèrent un changement radical dans son mode de fonctionnement. Ainsi ses cotes étaient devenues toujours très bonnes.
Arriva ensuite le début de la semaine sainte. Il m’annonça qu’il passait chez le juge de la jeunesse le jeudi (soit le jeudi saint) et que le juge prendrait alors sa décision. Soit il y aurait dessaisissement, soit il serait libéré, sous conditions, recevant ainsi une toute dernière chance.
Comme je lui avais promis, je téléphonai à l’institution le lendemain, le vendredi saint. Je craignais évidemment qu’il ne soit pas là et qu’il ait été transféré en prison suite à une décision de dessaisissement.
Heureusement il était là et je pus lui parler. Il m’expliqua que le juge avait prononcé un dessaisissement mais qu’on l’avait ramené à l’institution. On ne savait donc pas ce qui allait se passer.

Lorsque je me rendis à l’institution la semaine suivante, on me signala qu’il avait été libéré le dimanche (soit le dimanche de Pâques, jour de la résurrection) !

Plus d’un an et demi plus tard, un peu avant la Noël, il contacta l’institution pour signaler que tout allait bien pour lui et qu’il n’était plus retombé dans ses mauvaises habitudes.

Ce jeune est ainsi devenu un homme nouveau. Il est né à une vie nouvelle en Jésus-Christ, mort et ressuscité.


Notre société

Lorsqu’on observe notre société, force est de constater que nous vivons à une époque où la science et la technique ont fait de grands progrès.
Cependant ceux-ci ont-ils réellement fait progresser l’être humain ?

L’homme est-il plus heureux, dans l’espérance, aujourd’hui ?
Vit-il davantage en harmonie avec la loi naturelle inscrite au plus profond de lui ?
Donne-t-il plus de sens à sa vie ?
Est-il mieux préparé pour le passage vers la vie éternelle en Dieu ?


Jésus nous dit que l’on reconnaît l’arbre à son fruit : « Ainsi tout arbre bon produit de bons fruits, tandis que l’arbre gâté produit de mauvais fruits. » (Matthieu 7, 17)

Je crois que l’image de l’arbre s’applique évidemment à une personne mais aussi à une collectivité, une communauté, une société.

Concernant notre société occidentale d’aujourd’hui, peut-on objectivement affirmer qu’elle produit de meilleurs fruits que dans les générations et siècles passés et ce notamment par rapport aux jeunes ?

Dans le cadre de mon expérience d’accompagnement de mineurs en danger ou délinquants, j’ai pu constater les carences, les blessures, les vulnérabilités de ces jeunes à de nombreux niveaux.

Très loin d’être exhaustif, je citerai ici quelques unes de ces carences.

– Les carences en termes de repères, de balises, pour la construction de leur personnalité, pour le respect mutuel, pour l’effort ou encore pour le sens de la vie.

– Les carences affectives et les frustrations au niveau familial.
Nous vivons dans une société où l’être humain est parfois fortement mis sous pression et de multiples façons. Cela peut avoir des répercussions sur la vie de couple et sur la cohésion familiale.
Les parents en souffrent. Les enfants peuvent en souffrir aussi hélas.

– Les carences en termes d’estime de soi et d’autrui. Par exemple la différence dans la situation familiale ou matérielle d’un jeune par rapport à celle de ses connaissances peut induire chez lui des sentiments de jalousie, de frustration.

Rien que ces quelques exemples suffisent pour comprendre que nombre de jeunes, parfois dès la petite enfance, connaissent de réelles et profondes souffrances et blessures intérieures. Celles-ci peuvent nourrir chez eux de multiples sentiments négatifs et destructeurs tels qu’amertume, rancune, colère rentrée. Or ils n’ont que peu de ressources pour les gérer et les dépasser.
Ces émotions les rongent alors intérieurement et entretiennent en eux la rancœur parfois même contre le reste du monde.

Tout cela peut favoriser chez ces jeunes des comportements d’autodestruction alors qu’ils sont à un âge où il s’agit au contraire de construire leur personne et les bases fondamentales pour leur futur.
Il ne faut ainsi pas s’étonner s’ils cherchent diverses compensations et consolations telles que dans la fréquentation d’autres jeunes qui traînent dans la rue, plutôt que d’aller à l’école, ou encore en se tournant vers l’alcool ou la drogue pour oublier leurs problèmes et frustrations.

Évidemment, ces modes de fonctionnement risquent fortement de faire boule de neige et ainsi d’aggraver la situation en recourant de plus en plus à ces produits et à la compagnie de leurs faux amis.
Toutefois, ces produits ont un prix. Il faut donc de l’argent et toujours plus. C’est là que s’accentue la tentation d’une délinquance de plus en plus grave (vol, extorsion, vente de stupéfiants, …) et ce d’autant plus que les autres jeunes qu’ils fréquentent sont peut-être déjà dans pareil processus.
L’engrenage infernal de l’autodestruction est enclenché.
En outre, comment peuvent-il continuer un parcours scolaire dans ces conditions ? Arrive ainsi le décrochage scolaire.
Tout cela n’est évidemment pas de nature à améliorer les relations familiales éventuelles.
Ces jeunes risquent ainsi de s’isoler de plus en plus par rapport au milieu familial et de rechercher encore davantage de consolations  illusoires dans de fausses amitiés.


Heureusement, la proportion de jeunes se retrouvant dans des situations aussi graves est faible.

Toutefois, le risque pour tout adolescent d’être exposé à certaines tentations, propositions ou encore mauvaises fréquentations est lui beaucoup plus important.
En outre l’adolescent peut être particulièrement influençable et ce même s’il vit dans un environnement familial stable.

Nombre d’émotions, de questionnements, de sentiments parfois très contradictoires et négatifs peuvent se bousculer en lui.
Il est donc important de les identifier au plus tôt, d’en rechercher les causes et de donner au jeune des ressources qui le renforcerons contre les mauvaises influences, propositions et tentations qu’il trouvera sur sa route.

Mieux vaut prévenir que guérir !

L’exemple de la drogue le démontre à suffisance. Aujourd’hui un jeune trouvera très facilement de la drogue. Le cas échéant, celle-ci lui sera même tout simplement proposée un jour ou l’autre et ce indépendamment de son milieu social et familial.

Les appels de la Vierge Marie et son secours

Ce n’est sans doute pas un hasard si, dans ses messages à Medjugorje, la Vierge Marie demande notamment de prier tout particulièrement pour les jeunes.

Ainsi, dans un message délivré durant le premier trimestre 1989, elle nous dit :
« Chers enfants, je vous demande à nouveau de prier pour tous les jeunes du monde parce qu’ils se trouvent dans une situation difficile. Vous pouvez les aider par votre amour et vos prières avec le cœur. »
(« Chers enfants ! », recueil de messages de Medjugorje présenté par Cyrille Auboyneau, Paris, Office d’Édition Impression Librairie (O.E.I.L.) François-Xavier de Guibert, 2003, page 243)


Medjugorje est un petit village en Bosnie-Herzégovine où Notre Mère céleste apparaît depuis 1981 à six personnes. Ces apparitions n’ont pas encore été officiellement reconnues par l’Église mais les fruits de ce lieu de grâces sont innombrables.

Si l’on compare avec les apparitions de la Vierge Marie dans l’histoire de ces derniers siècles, on peut en déduire que son souci pour les jeunes présente un caractère particulier à notre époque.
Cela indique bien que la société dans laquelle ils grandissent expose à des modes de fonctionnement qui les mettent en difficulté et donc en danger tant pour leur vie terrestre que pour la vie éternelle.

Notre responsabilité est dès lors de répondre à l’appel de Marie à la prière à cette intention et d’agir en conséquence.
Nous devons ainsi observer, constater les faits et situations problématiques, en rechercher les causes et développer des moyens de compenser les lacunes de nos sociétés.
Je crois qu’il serait irresponsable de se reposer sur les pouvoirs publics mais que c’est à nous d’être proactifs et créatifs, tant collectivement qu’individuellement.

Le fait que la Reine du Ciel demande de prier beaucoup pour les jeunes signale aussi la dimension spirituelle de la problématique qui met les jeunes en danger.

Si la plupart des pays occidentaux ont une longue histoire chrétienne, nombre d’entre eux sont très déchristianisés aujourd’hui.
Il paraît ainsi logique de voir un lien de corrélation entre la déchristianisation et la mise en difficulté de la jeunesse actuelle.
La déchristianisation induit évidemment une perte de transcendance, du sens de la vie ainsi que de l’espérance en la vie éternelle.

En outre la déchristianisation a d’autres effets négatifs pour les jeunes tels que le manque de repères, de valeurs fondamentales, de conscience et de responsabilité, laquelle va de pair avec la liberté.

Jésus dit :
« … je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. » (Jean 8,11)
Par ces mots il n’enferme pas la personne dans sa faute passée (« je ne te condamne pas »), il lui rend la liberté que le Père créateur nous a donnée (« va ») et il y adjoint aussi l’appel à la responsabilité qu’implique cette liberté (« ne pèche plus »).

Il va de soi que cette notion de responsabilité vise les conséquences de nos pensées, paroles, actions ou omissions par rapport à nous-mêmes d’une part et par rapport à autrui d’autre part.


Sur la croix, Jésus voyant sa mère dit au disciple qui se tenait près d’elle :
« Voici ta mère. » (Jean 19,27)
À travers ce disciple, Jésus nous offre Marie comme Mère céleste.

Mais celle-ci voit nombre de ses enfants se diriger vers l’autodestruction et la perte de la vie en Dieu.

La Vierge Marie, comme une mère qui aime ses enfants, peut-elle regarder ce dramatique spectacle de façon passive ?

Si une maman voit son petit enfant marcher vers un ravin, va-t-elle le laisser faire ou va-t-elle lui dire « Pas là, mon enfant, plutôt ici » ?
La réponse est évidente.
Ainsi Marie se manifeste, notamment par le biais d’apparitions, pour nous rappeler que sans Dieu et donc sans le Christ nous perdons la vie.

Il faut reconnaître que pour revenir à Dieu les hommes, et en particulier les jeunes, ont parfois besoin d’inattendu, d’événements sortant de l’ordinaire (extraordinaires), de manifestations et de signes qui dépassent le naturel, pour enfin ouvrir leur cœur à la bienveillante présence de Dieu dans l’ordinaire du quotidien de la vie.

Jésus est le Verbe de Dieu qui a pris chair en Marie pour être avec nous. Par sa croix il nous a rejoints dans nos souffrances et même dans la mort. Mais il nous ouvre la voie du relèvement et d’une vie nouvelle par sa résurrection.

Ainsi Marie nous conduit toujours à Jésus.

La découverte de l’amour maternel et céleste de Marie est dès lors une étape qui peut susciter la curiosité et l’envie de rencontrer Jésus, sa miséricorde et la vie nouvelle qu’il propose.

Cela est vrai pour les jeunes mais également à tout âge.

À nous aussi il est proposé de découvrir toujours mieux cet Amour qui transforme.


Marc Schonnartz
9 avril 2020

Témoignage

En complément à cet article je vous recommande un témoignage très interpellant d’un Croate qui a véritablement touché le fond durant son adolescence mais qui a vécu cette rencontre avec le Christ et Marie au sein de la communauté du Cénacle à Medjugorje. Il en est sorti complètement transformé et a fondé une famille nombreuse.

Cliquez sur ce lien pour visionner la vidéo de ce témoignage.

 

Citation du Père Jerzy Popieluszko

Les paroles suivantes furent spécialement adressées aux jeunes par le Père Jerzy Popieluszko en février 1984. Elles me semblent toujours aussi admirablement pertinentes à notre époque également.

« Mes chers jeunes amis, vous devez avoir en vous quelque chose de semblable à des aigles… Vous devez tremper votre âme et l’élever très haut, pour pouvoir, tels les aigles survoler toute la volaille, en marche vers l’avenir de notre Patrie.
Ce n’est qu’en ressemblant à des aigles que vous pourrez affronter les vents, les orages et les tempêtes de l’Histoire, sans vous laisser mener à l’esclavage…

Mais, pourrez-vous être semblables aux aigles ? Cela dépend surtout de ceux à qui vous laisserez modeler vos âmes et vos esprits, en vous rappelant que des citoyens loyaux ne peuvent être fabriqués dans des usines, mais modelés avec le cœur des mères et le regard de véritables éducateurs, qui trouvent le modèle d’un bon maître en Jésus-Christ. »
(Jerzy Popieluszko « Sermons pour la Patrie & Carnets intimes », direction éditoriale : Jean Offredo, Paris, Éditions Cana, 2004, page 173)


Le Père Jerzy Popieluszko est également évoqué à la page «SolidarNotre Dame» (cliquez sur ce lien).